mercredi 3 août 2016

Dopage olympique - Les Russes jouent avec les nerfs du CIO

Combien de Russes défileront vendredi lors de la cérémonie d'ouverture? Une grande incertitude planait encore mardi, à trois jours du coup d'envoi des jeux Olympiques de Rio alors que la question russe a occupé une grande partie de la première journée de la session du CIO. L'annonce en début de journée par le camp russe de la requalification de deux de ses nageurs n'a fait que renforcer la confusion.

Vladimir Morozov et Nikita Lobintsev, exclus par la Fédération internationale de natation (Fina), ont été autorisés par le Tribunal arbitral du sport (TAS) à participer aux Jeux, ont clamé leurs représentants aux médias russes. Mais la Fina a immédiatement tempéré la nouvelle, précisant que le TAS avait seulement transmis le dossier au panel du CIO chargé d'établir la liste finale des Russes admis aux JO.

Une première victoire

Une requalification des sportifs russes initialement écartés par les fédérations internationales serait la première victoire du camp russe depuis la publication du rapport McLaren le 18 juillet, qui a dévoilé les rouages du système de dopage d'Etat mis en place en Russie. Au total, 30 sportifs russes (rameurs, haltérophiles...) ont fait appel devant le TAS à titre individuel ou collectif. La première réponse est tombée dans la soirée: les appels des 17 rameurs russes ont été rejetés par le tribunal, qui a sonné le glas de leurs derniers espoirs de participation.

Le président du Comité olympique russe (ROC) Alexandre Joukov a de nouveau dénoncé mardi devant la session du CIO une «discrimination» contre les sportifs russes, «suspendus sans justification ni preuve, juste parce qu'ils sont mentionnés dans le rapport McLaren».

Comme attendu, la question russe - et par ricochet le dopage - a monopolisé les débats de la session du CIO, avec un nouvel appel du président du mouvement olympique, Thomas Bach, à «une révision totale du système de lutte antidopage». Le CIO souhaite «un système de lutte antidopage plus robuste et plus efficace, offrant plus de transparence», a insisté M. Bach, lançant une nouvelle pierre dans le jardin de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

«Le CIO ne veut pas des gens qui disent la vérité»

En fin de journée, le président de l'AMA, Craig Reedie, a répondu aux critiques en estimant que tout n'était «pas en panne» dans ce domaine. «Une partie est effectivement cassée et nous devrions commencer à identifier les parties qui ont besoin d'attention», a déclaré M. Reedie qui s'est dit par ailleurs blessé par des commentaires acerbes d'un membre argentin du CIO.

«Cela m'attriste de le dire, mais parfois l'AMA semble plus intéressée à faire sa propre promotion qu'à faire son travail de régulateur», avait lancé Gerardo Werthein. A la suite du rapport McLaren, plutôt qu'une exclusion globale de toute la délégation russe, le CIO avait choisi le 24 juillet de déléguer aux diverses Fédérations internationales le soin de trier parmi les sportifs russes.

A 72 heures de la cérémonie d'ouverture, vendredi soir au Maracana, un panel de trois membres du CIO planche encore sur ces listes des sportifs repêchés, pour éventuellement les amender au cas où certaines fédérations auraient fait preuve de laxisme. Le trio a quitté la session à la mi-journée pour poursuivre son travail, dont l'issue «sera connue dans les prochains jours», a indiqué Mark Adams, porte-parole du CIO.

Toutes les fédérations n'ont pas agi comme l'IAAF (athlétisme), qui a exclu 67 des 68 athlètes russes engagés dont la tsarine de la perche Yelena Isinbayeva, l'haltérophilie qui a éliminé les huit leveurs de fonte russes, ou l'aviron qui a exclu 22 des 28 rameurs russes. Mais le lanceur d'alerte russe Vitali Stepanov reste sceptique. «Il y a toujours eu des athlètes dopés à tous les JO, il n'y a pas de raison que cela soit différent à Rio», a-t-il une nouvelle fois dénoncé mardi au journal français L'Equipe.

Ancien contrôleur de l'agence antidopage russe, Stepanov est à l'origine des révélations sur l'athlétisme de son pays avec son épouse, l'athlète Yuliya Stepanova, interdite de participer aux JO par le CIO en raison d'un contrôle positif en 2013. Cette sanction «signifie que le CIO ne veut pas des gens qui disent la vérité», a accusé Stepanov.

(L'essentiel/nxp/afp)

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