Va-t-on enfin savoir qui sont les clients du tristement célèbre docteur Eufamanio Fuentes? La justice espagnole a fait un pas en ce sens, mardi, en exigeant la remise aux autorités sportives des poches de sang saisies dans «l'Opération Puerto». Cette affaire dure depuis 10 ans et jusqu'à présent, l'identité des sportifs suspectés n'a pas été mise au jour. La décision de la justice pourrait mettre en cause de nombreux sportifs espagnols.
Procès de l'affaire PuertoLes affaires de dopage dans l'histoire du Tour de FranceL'arrêt de la cour d'appel de Madrid ordonne de «remettre les contenus des poches de sang à la Fédération royale espagnole de cyclisme, à l'Agence mondiale antidopage, à l'Union cycliste internationale et au Comité olympique national italien, pour éviter le danger que d'autres sportifs puissent être tentés de se doper». La cour annule une décision rendue en avril 2013 qui ordonnait la destruction de 211 poches de sang et de plasma au nom du droit à la vie privée. Elle acquitte également le médecin Fuentes, considérant que le sang utilisé dans les transfusions n'est pas un médicament dopant et que le médecin n'est donc pas coupable de délit contre la santé publique.
Dix ans d'errance judiciaire
L'affaire Puerto a éclaté en 2006 dans le monde du cyclisme. Elle avait conduit à l'exclusion de la plupart des favoris du peloton juste avant le départ du Tour de France 2006, impliqués dans le scandale. Il s'agissait de clients du docteur Fuentes, parmi lesquels Alejandro Valverde, Ivan Basso, Jan Ullrich, Francisco Mancebo ou encore Joseba Beloki. Les noms d'Alexandre Vinokourov et d'Alberto Contador avaient été cités dans un premier temps, mais les intéressés avaient rapidement été disculpés.
La justice espagnole a été accusée de laxisme depuis le début de cette affaire. Les coureurs les plus sévèrement condamnés l'ont été par les instances sportives italiennes. En Espagne, la procédure a traîné en longueur et le docteur Fuentes a été jugé pour «atteinte à la santé publique» et non pour «dopage». Il a été condamné à un an de prison en 2013 (sans être incarcéré), mais la justice n'avait étrangement pas demandé à analyser les poches de sang saisies ni questionné l'accusé sur l'identité de ses clients. Des choix qui avaient fait bondir les instances antidopage. L'affaire connaît donc un rebondissement ce mardi, un de plus.
(jg/L'essentiel avec AFP)
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